Le Métamodèle Linguistique en PNL

Le Métamodèle Linguistique en PNL

Dans mon dernier article Langage verbal et expérience en PNL, je montrais les niveaux de l’expérience sensorielle (VAKOG), de la représentation linguistique de l’expérience et du langage exprimé, ainsi que les pertes ou les déformations des informations entre ces niveaux.

Ces dernières se font par les trois mécanismes, Omission, Généralisation, Distorsion (OGD) appelés en PNL le Métamodèle Linguistique que je vais détailler un peu plus ici, à travers des définitions et des questions que l’on peut poser pour, d’une manière générale, mieux communiquer.

LES OMISSIONS (ou SUPRESSIONS)

Questionner une omission permet surtout au récepteur de l’aider à remplir les blancs qu’il a dans le film qu’il construit en écoutant l’autre, afin de le rendre le plus similaire possible au film (la carte) de celui qui parle.

a) Omission simple

Processus par lequel une information nécessaire pour comprendre le sens de la phrase a été supprimée : une partie de la phrase est manquante.

Je vais faire face         ==> à quoi ? à qui ?

Je pars                       ==> où ? quand ?

Je suis incapable        ==> de faire quoi ?

Je ne suis pas d’accord ==> sur quoi ? avec qui ?

b) Suppression de l’index de référence

Processus par lequel un nom a été remplacé par un pronom imprécis : le sujet (ou le complément) de la phrase est vague.

C’est important      ==> qu’est-ce qui est important?

Ne fais pas ça        ==> qu’est ce que je ne dois pas faire?

On pense que…     ==>qui pense que…?

Les autres ne me regardent pas   ==> qui ne te regarde pas?

c) Omission du comparatif

Processus par lequel nous supprimons la deuxième partie d’une comparaison.

C’est une meilleure idée    ==> meilleure que quoi? Par rapport à quoi ?

Il est plus à l’aise               ==> plus à l’aise que qui, que quand?

d) Verbes non spécifiques

Processus par lequel un verbe vague laisse planer le doute sur le sens de la phrase : cela peut créer des équivoques. Des verbes comme punir, rejeter, gâter, ignorer etc. … sont non spécifiques dans la mesure où il existe plusieurs façons d’être puni, rejeté, gâté, ignoré.

Elle se débrouille pour m’embêter             

==> Comment est-ce qu’elle t’embête?

Quand il me parle, il me blesse tout le temps

==> Comment précisément te blesse-t-il ?

Le but des questions sur les omissions est de chercher l’information manquante. Le but des questions dans le cas des verbes non spécifiques est de faire préciser l’information donnée, qui est trop vague, pour aller chercher une information plus précise.

LES GÉNÉRALISATIONS

Les généralisations permettent de créer des catégories ou des classes à partir d’un cas isolé ou d’un petit nombre d’exemples. Elles créent un environnement rassurant où les choses et les gens ne bougent pas, ce qui conserve et force les habitudes. Elles figent le monde, créant des croyances et limitant le changement. Basées sur les ressemblances, les généralisations ne voient plus les différences, ce qui limite les capacités d’adaptation. Or, les génies ont réussi là où « tout le monde savait qu’on ne pouvait rien faire ! »

a) Quantifieurs universels

Nous avons à faire à des mots qui généralisent avec excès : jamais, toujours, tout, tous, personne, chaque fois, définitif … Les questions à poser sont de deux sortes, soit elles exagèrent l’exagération, soit elles cherchent un contre exemple.

Personne ne m’aime   ==> vraiment personne ?

II ne m’écoute jamais  ==>jamais de ta vie il ne t’a écouté?

                 OU             ==> te souviens-tu d’une fois où il t’a écouté?

b) Les opérateurs modaux

Opérateurs modaux de nécessité : je dois, je suis obligé de, il faut que, il est nécessaire, c’est obligatoire …

Je dois rester auprès d’elle

==> que se passerait-il si tu partais ? (mise à jour des conséquences qu’il attend et / ou qu’il redoute).

==> qu’est-ce qui t’empêche de partir? (mise à jour de la cause, de la croyance, de l’obstacle).

Opérateurs modaux de possibilité : c’est impossible, je ne peux pas, je ne suis pas en mesure de …

En tant que praticien en PNL, nous ne relevons et questionnons un opérateur modal de possibilité que s’il est exprimé négativement (je peux le faire ou je suis en mesure d’y arriver, ce n’est pas limitant !).

Je ne peux pas accepter ce poste.

==> qu’est-ce qui t’en empêche?

Je ne sais pas parler en public (cause ou obstacle perçu)

==> Que se passerait-il si tu l’acceptais?

c) Nominalisation

C’est un processus par lequel un verbe d’action a été transformé en substantif: amour, respect, décision, communication …

Les verbes aimer, respecter, décider, communiquer peuvent se conjuguer au passé, présent, futur ou conditionnel, ce qui les rend vivants et limités dans le temps, alors que les noms (c’est-à-dire les verbes chosifiés) sont statiques et figent la situation qu’ils décrivent.

Notre communication est décevante è comment voudrais-tu mieux communiquer avec lui?

J’ai du mal à prendre des décision

==> comment voudrais-tu décider? ou

==> de quoi as-tu besoin pour décider plus facilement?

II n’y pas de chaleur dans ce groupe

==>qui n’est pas chaleureux avec toi?

Remplacer la nominalisation par le verbe correspondant permet de défiger

d) Origine perdue

Processus par lequel on affirme quelque chose dont on ignore la provenance. Ce sont des phrases qui affirment sans préciser qui en est l’auteur.

Les japonais sont des fourmis. ==>  Qui dit cela?

L’argent ne fait pas le bonheur.==> C’est vraiment ton avis?

Ce sont des règles, des proverbes, souvent des jugements. Le but est de questionner la pertinence de ces affirmations.

DISTORSIONS (ou MALFORMATIONS SÉMANTIQUES)

C’est par les distorsions que nous tentons le plus de modifier la réalité, afin de la faire rentrer dans notre carte du monde pour conforter nos idées et notre point de vue.

a) Cause-effet (lien de cause à effet)

C’est un type stimulus-réponse dont l’association des éléments est inappropriée ou arbitraire.

Dans ces phrases, on peut résumer la structure de la phrase comme : X entraîne Y ou autrement dit X cause Y. Certaines phrases démarrent d’abord par y üe suis fou de rage). Dans ce cas, Y est causé par On a deux types de questions à notre disposition : soit on met en cause le lien cause-effet, soit on cherche un contre-exemple.

Tu manges du chocolat car tu as faim

==> En quoi la faim et le fait de manger du chocolat sont-ils reliés ?

Le but de ces questions est de permettre à la personne de prendre conscience qu’elle est responsable de ses réactions : être en colère, se rendre malade. Et oui, chacun de nous est le propriétaire de ses émotions, ses pensées et ses comportements.

b) Equivalence complexe

Dans ce processus, deux expériences sont supposées avoir une analogie dans leur signification. Si l’une est vraie, l’autre l’est aussi. X prouve Y ou X est l’équivalent de Y, ou X égal Y, ou X montre Y.

II ne parle pas, il est insatisfait.

Le Métamodèle propose 2 options pour mettre en lumière l’aspect arbitraire du lien X pour Y, soit la question « En quoi X prouve Y ? », soit chercher un contre-exemple.

==> En quoi le fait de ne pas parler prouve qu’il est insatisfait ?

==> Te souviens-tu de quelqu’un d’insatisfait qui parle?

==> Ne l’as-tu pas déjà vu satisfait et silencieux ?

Le but des questions dans les cause-effet et les équivalences complexes est de chercher à remettre en question le sens donné, pour aboutir éventuellement à proposer une autre signification.

c) Lecture de pensée

Dans ce processus, on prête à l’autre (à partir de son propre modèle du monde) un sentiment ou un état. On prétend savoir ce qui se passe dans la tête de l’autre.

Je sais que tu vas aimer ma copine.

==> Sur quoi te bases-tu pour savoir que je vais l’aimer? Comment le sais-tu?

Je sens bien que vous êtes intéressé par le métamodèle.

==> Comment peux-tu le savoir ?  Comment arrives-tu à cette conclusion?

Ces questions débouchent souvent sur une explication de type équivalence complexe, ou cause à effet que l’on peut questionner à nouveau.

A utiliser avec parcimonie

Le méta-modèle est à utiliser avec parcimonie et respect une fois que le rapport est bien établi, sinon son utilisation peut vite devenir un nouvel art de rendre l’autre fou. Mais il est l’un des outils les plus précieux et les plus efficaces de la PNL.

Qu’en pensez-vous ?

Avez-vous déjà prêté attention à ces OGD ?

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