Pouvez-vous être indépendant ?

Si je vous pose cette question aujourd’hui, c’est pour répondre au concours organisé par Aurélien Amacker de Bloguer.tv sur le thème de l’indépendance.

Que pensons-nous exactement de l’indépendance ? Que représente pour nous l’indépendance ? Comment l’envisage-t-on ?

J’aime beaucoup Aurélien. C’est un jeune homme dynamique, très entreprenant, enthousiaste dans tout ce qu’il fait. Il nous dit dans sa vidéo de présentation du concours, qu’il a atteint l’objectif qu’il s’était fixé : il voulait voyager et bloguer, et que son blog lui rapporte suffisamment pour lui permettre de financer ses voyages autour du monde. Et il y est parvenu. Aurélien nous dit qu’il a gagné son indépendance, sa liberté.

Qu’est-ce que ça signifie exactement ?

Aurélien semble nous expliquer qu’avant, il était dépendant, et que maintenant, il est indépendant.

Qu’est-ce qui fait la différence entre le « avant » et le « après« . Très clairement, c’est son revenu. Avant, il avait des moyens modestes, maintenant, il gagne bien sa vie avec son activité de blogging.

Indépendance financière

Aurélien parle donc d’indépendance financière. Effectivement, il n’est plus dépendant de l’argent dans son quotidien, et peut se permettre, non seulement de voyager, mais aussi de se payer par exemple des formations pour améliorer ses prestations et booster son entreprise, ou simplement toute autre chose dont il a envie.

Mais à y regarder de plus près, est-ce que l’indépendance financière, c’est l’indépendance ?

Avant d’obtenir cette indépendance financière, Aurélien dépendait de beaucoup de choses qui pouvaient représenter des obstacles, des freins à la progression de son activité. Quand il a commencé à se fixer son objectif : « un an pour développer ses revenus sur Internet, parcourir le monde et kiffer », on imagine qu’il avait diverses contraintes qui le rendaient dépendant.

Dépendance

Il dépendait par exemple non seulement de son banquier, mais de différentes personnes qui ont du intervenir pour l’aider progressivement jusqu’à atteindre son but.  Dans un article précédent, j’expliquais que personne ne pouvait réussir seul, et qu’on avait besoin des autres pour parvenir au succès. On dépend donc forcément d’eux.

Après avoir obtenu cette indépendance financière, est-ce qu’Aurélien n’est  pas confronté, pour autant, à d’autres dépendances ?

Imaginons qu’il embauche un employé dans son entreprise. C’est une responsabilité, c’est un engagement, mais n’est-ce pas aussi une dépendance ? je pense que oui : Aurélien dépend du travail de son salarié, de la bonne exécution de ce travail.

Aurélien a réussi, il a beaucoup de clients. Et là encore, c’est une forme de dépendance. On ne peut nier qu’il dépend de ses clients.

Sur un plan purement terre à terre, Aurélien dépend de ses fournisseurs, des prestations ou du matériel qu’ils lui vendent.  Ne serait-ce que l’électricité. Son travail sur Internet devient impossible s’il y a une coupure d’électricité.

Bref, même si nous avons l’indépendance financière, nous dépendons tous, comme Aurélien, de choses ou de personnes que nous ne contrôlons pas ou qui peuvent nous échapper.

Pyramide de Maslow

La fameuse pyramide de Maslow qui hiérarchise les besoins de l’homme, nous montre bien que nous sommes fondamentalement des êtres dépendants. Les besoins de base (manger, boire, dormir, respirer) que décrit Maslow, traduisent que nous sommes dépendants de l’air que nous respirons, de l’eau que nous buvons, des aliments que nous mangeons, et des heures de sommeil nécessaires à notre survie.

La liberté

Non, je pense qu’Aurélien voulait plutôt parler de liberté. Et c’est l’indépendance financière qui lui donne la liberté. Parce que même s’il y a une multitude de dépendances, on peut garder sa liberté. Cette liberté, c’est notamment celle de choisir. Par exemple, entre vouloir faire croître encore son entreprise ou la maintenir à un niveau suffisant de rentabilité. Ou bien, choisir entre tout faire soi-même ou déléguer une partie du travail. Ou encore choisir entre continuer à voyager ou rentrer chez soi.

La liberté de choix, c’est à mon avis surtout celle-là dont nous parle Aurélien.

Le libre choix n’excluant pas l’obligation de se protéger, notamment financièrement, par des assurances, assurance vie, assurance habitation, assurance auto.

Il y a peut-être une autre notion plus ou moins liée à celle d’indépendance, c’est l’autonomie. En l’occurrence l’indépendance financière permet une plus grande autonomie.

L’autonomie

L’autonomie, c’est pouvoir se déterminer par soi-même, d’agir librement. Je pense d’ailleurs qu’on peut très bien être autonome sans avoir des moyens financiers importants. L’autonomie, c’est plus une capacité individuelle et c’est dans la tête.

C’est aussi par exemple être capable de trouver les ressources nécessaires pour se sortir de situations difficiles.

Nos dépendances

Dernier point concernant les dépendances : ces dernières, à l’exclusion des addictions destructrices, ne sont pas forcément négatives. C’est le point de vue que l’individu a sur elles qui est soit positif, soit négatif.

Ce qui m’intéresse ici, c’est le regard, l’écoute ou le sentiment positif que nous avons de nos dépendances.

Les dépendances d’Aurélien sont positives pour lui, car, comme il le dit, il « kiffe ». Il ne considère pas ses relations avec ses clients,  avec ses partenaires, avec ses fournisseurs comme des dépendances. Il s’éclate dans son activité, il fait ce qu’il veut quand il veut et du coup, rien n’est une contrainte.

En fin de compte, les relations de dépendances sont acceptables voire agréables quand les deux parties  en profitent dans un rapport d’égal à égal, gagnant-gagnant.

L’amour

Pour aller plus loin, l’amour est une vraie dépendance dont la plupart des hommes et des femmes ne veulent surtout pas s’affranchir.

Merveilleuse et délicieuse dépendance qui me fait dire, pour rejoindre un autre article sur la gratitude attitude, en me permettant de paraphraser Nestor Roqueplan : la gratitude est la dépendance du cœur.

A la question initiale de cet article, « pouvez-vous être indépendant ?« ,  je réponds donc par la négative. Je persiste et je signe, non seulement vous ne pouvez pas être indépendant, mais vous avez tout intérêt à être dépendant.

A soigner et à entretenir toutes vos dépendances nécessaires et utiles. Comme celles de votre château.

Qu’en pensez-vous ?