Ancrages et Auto-Ancrages

Ancrages et Auto-Ancrages
Ancrages et Auto-Ancrages

Ancrages et Auto-Ancrages

Dans mon article « Etes-vous plutôt Visuel, Auditif ou Kinesthésique ? » , j’avais évoqué la fameuse madeleine de Proust, qui est ce qu’on appelle en PNL, un ancrage.

L’ancrage, qui est issu de l’étude des réflexes conditionnés par Pavlov et des découvertes de la psychologie expérimentale, est ce qui est créé chaque fois que nous associons deux représentations, l’une étant un stimulus (externe ou interne) et l’autre étant une réponse, en général un état interne.

Dans le cas de la madeleine, le stimulus est la bonne odeur (Olfactif), la réponse est l’état interne agréable que ressent Proust. Le cerveau crée et utilise ce type d’associations inconsciemment.

Ce qui fait qu’on appelle ce phénomène un ancrage, c’est que l’association stimulus-réponse est stable. A chaque stimulus équivalent, la réponse est toujours la même, invariablement dans le temps.

Exemples d’ancrages

  • Une chanson (Auditif) qui fait recontacter l’émotion d’un moment particulier de notre vie.
  • Le froncement de sourcil d’un père (Visuel) qui déclenche la crainte de la punition chez l’enfant.
  • Un simple mot (Auditif) peut nous rappeler un souvenir et nous faire revivre l’émotion associée.
  • Une réaction phobique est un modèle d’ancrage particulièrement bien réussi.

Ce qu’on appelle l’ancre, c’est donc le stimulus qui va déclencher la réponse automatique et involontaire.

En PNL, on va utiliser ce phénomène consciemment, en partant du principe que, quand une personne est dans un état émotif intense, si on applique un stimulus à ce moment-là, le stimulus et l’état sont liés neurologiquement.

On va s’en servir le plus souvent pour générer un état interne positif, qu’on nomme état ressource.

Protocole d’Ancrage

Voyons comment un praticien PNL peut créer une telle ancre chez une personne.

  1. Il identifie avec elle un état pour lequel il serait utile de créer un ancrage.
  2. Il fait en sorte que la personne s’associe complètement à une expérience vécue pour qu’elle accède totalement à cet état.
  3. Il applique une ancre (un stimulus) au moment adéquat sur un des registres VAKOG (principalement Visuel, Auditif ou Kinesthésique : respectivement, il fait un geste, il émet un son, il touche une partie du corps de la personne).
  4. Il fait un état séparateur, c’est-à-dire il distrait la personne pour qu’elle sorte de son état.
  5. Ensuite, il reproduit la même ancre pour vérifier que la personne accède de nouveau à son état (on appelle cela tester l’ancre).

Pour bien fonctionner, une ancre doit être précise, reproductible, appliquée au bon moment, avec un sujet vivant avec intensité son expérience.

Le praticien doit expliquer au préalable au sujet ce qui va se passer et, par exemple pour une ancre kinesthésique, il choisit un endroit du corps où la poser. Il va lui demander de retrouver, par exemple pour un état ressource de bien-être, de plénitude, une situation précise où il a été particulièrement heureux. Le sujet doit pouvoir retrouver le contexte de cette situation : quand ? où ? avec qui ? etc). Il est nécessaire de guider le sujet pour qu’il se ré-associe à cette situation :

  • Vois ce que tu voyais …
  • Entends ce que tu entendais …
  • Ressens ce que tu ressentais …
  • Immerge-toi dans cette expérience comme si tu la vivais, là, maintenant …
  • Intensifie toutes tes perceptions … Amplifie ta respiration…

La praticien calibre la montée en intensité de l’état interne et à l’inspiration, ancre (kinesthésique) à l’endroit du corps repéré au début. Il maintient le contact pendant 10 à 15’’, puis lâche.

Il Fait un état séparateur.

Enfin, il teste (sans prévenir le sujet) l’ancre (même endroit, même intensité, même durée), et calibre.

Cette technique de l’ancrage est très utilisée en PNL, également pour des états internes déplaisants.

Désactivation d’ancre

Par exemple, dans le protocole dit de la désactivation d’ancre, on ancre sur un état issu d’une expérience négative du passé, puis on crée un autre ancrage sur une expérience positive symétriquement opposée en intensité à la première. La désactivation consiste à poser les deux ancres simultanément quand on fait revivre au sujet son premier état interne négatif. Le résultat est de le rendre neutre voire positif.

Auto-Ancrage Empilé

Je vous propose d’utiliser cette technique de l’ancrage que vous pouvez essayer sur vous-même. Elle permet de retrouver instantanément l’état interne que vous souhaitez. Les petits rituels furtifs faits par les sportifs commençant une compétition sont du même type. La technique peut s’avérer très utile et efficace dans de nombreux domaines : confiance en soi, détente, motivation, gestion du stress, calme intérieur, lâcher-prise, etc …

Il s’agit de l’Auto-Ancrage Empilé

Voici comment procéder:

  1. Définissez la ressource dont vous avez besoin
  2. Choisissez votre ancre (veillez à utiliser une ancre facilement utilisable dans n’importe quelle circonstance, assis ou debout)
  3. Retrouvez dans votre vécu une expérience où vous aviez à ce moment-là cette ressource
  4. Fermez les yeux (c’est souvent plus facile) et revivez intérieurement au travers de tout votre VAKOG cette expérience bien associé, et lorsque vous sentez vraiment dans votre corps cette ressource, posez votre ancre une première fois.
  5. Refaites les points 3 et 4 avec trois ou quatre autres expériences où vous aviez la même ressource.
  6. Testez votre auto-ancrage (les expériences recontactées peuvent se mélanger dans votre tête, peu importe) après avoir fait un bon état séparateur (coup de fil, télévision, etc … )
  7. Pensez à une scène de votre passé où il vous manquait cette ressource. Ensuite, déclenchez votre auto-ancrage. Vérifiez, tranquillement (quelques fois cela vient doucement) si la scène se transforme positivement.
  8. Enfin, faites ce qu’on appelle le pont vers le futur : imaginez une scène de votre futur proche dans laquelle cette ressource sera utile, déclenchez votre auto-ancrage et vérifiez si la scène se passe bien.

Et vous, identifiez-vous vos ancrages inconscients ?

Connaissiez-vous la technique consciente de l’ancrage ?

Avez-vous déjà fait de l’auto-ancrage ?

Merci vivement de me laisser vos commentaires.

12 pensées sur “Ancrages et Auto-Ancrages

  • 29 septembre 2013 à 14 h 46 min
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    Bonjour Jean,
    Pour répondre à tes questions :
    > Oui, j’ai identifié quelques ancrages inconscients depuis que j’ai découvert cette technique de l’ancrage depuis ma formation en PNL.
    > Je connais donc cette consciente de l’ancrage, l’ayant pratiqué sur moi-même.
    ça m’a d’ailleurs donné l’occasion de mesurer les défenses ancrées inconsciemment pour ne pas me faire atteindre l’état de plénitude souhaité pour faire cet ancrage conscient !
    Mais à force de persister avec mes camarades de « jeu », j’y suis parvenu ! Yes !!
    > Oui, je suis en train actuellement de faire de l’auto-ancrage, en sautant sur mon trampoline tous les matins, grâce au phénomène de répétition, je prends conscience que je fais de l’auto-ancrage dans le fait de voir corps changer en moins de 3 minutes d’état émotionnel intérieur.
    Je t’embrasse.
    Vis un merveilleux dimanche.
    Maxime

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    • 30 septembre 2013 à 11 h 26 min
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      Bonjour Maxime,
      Que de synchronicités entre nous : « mesurer les défenses ancrées inconsciemment pour ne pas me faire atteindre l’état de plénitude souhaité ». C’était grosso modo ce que j’étais en train de me dire pour mon propre compte. La plénitude que je souhaite (que je sens proche), n’est-elle pas empêchée par justement certains ancrages bien installés depuis des lustres ?
      J’ai passé un excellent dimanche, mais pas encore merveilleux 😉 , ça va venir…
      Je t’embrasse.

      Répondre
  • 29 septembre 2013 à 21 h 13 min
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    Bonsoir Jean,

    Curieux….Curieux…J’avais un article sous le coude sur le même thème. Du coup je l’ai mis de côté. Les astres en seraient-il pour quelque chose ?

    Ah ces ancrages (les mauvais) quand il nous tiennent… Incroyable comme ils nous empêche d’avancer.

    Bon je crois que je dois ré-ancrer quelques ancrages.

    Merci pour tes exercices pratiques, tout ca demande un peu de temps tout de même…

    Car conseiller, c’est chouette mais pratiquer et rendre compte et ensuite…témoigner, c’est encore mieux. Alors je m’exerce, ca va me prendre un peu de temps.

    Tout compte fait, j’ai bien fait de ne pas me précipiter avec mon article.

    Ce dont je suis persuadée, c’est que tout à sa raison d’être.

    Amicalement,

    Hélène

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    • 30 septembre 2013 à 11 h 43 min
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      Bonjour Hélène,
      Je ne sais pas si ce sont les astres, mais en tous cas, c’est une « synchronicité » comme je le disais à Maxime.
      C’est dans la le langage populaire : « être sur la même longueur d’ondes ».
      C’est agréable car on « se comprend à demi-mot » et ça fait plaisir. Je pense que toutes ces pensées proches contribuent à un flux d’énergie positive, une bonne synergie.
      Bien amicalement.

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  • 30 septembre 2013 à 9 h 09 min
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    Bonjour Jean

    Les deux derniers articles parus sur mon blog traitaient précisément du même sujet et avaient dans le titre LES MADELEINES donc comme le dit si judicieusement Hélène il y a quelque chose dans l »‘air si en si peu de temps 3 personnes parlent du même sujet

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    • 30 septembre 2013 à 11 h 55 min
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      Bonjour Sylviane,
      Je pense après coup que tu as dû m’inspirer. J’avais lu ton article, et je ne sais pas pourquoi, je ne l’avais pas commenté….
      On en fait des choses (ou on n’en fait pas) inconsciemment. C’est fou.
      En tous cas, bien agréable de respirer l’air de Lisbonne. 😉
      Amitiés.

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  • 30 septembre 2013 à 9 h 29 min
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    Bonjour Jean et Sylviane,

    Allez j’en remet une couche pour faire écho à ce qu’écrit Sylviane,

    Je récidive pou réaffirmer que tout à sa raison d’être.

    En cherchant dans mes documentations personnelles, hier je suis tombée sur des madeleines vielles de 20 ans concernant un projet qui n’avait pu aboutir. Et voilà que 20 ans après ce même projet à sa raison d’être puisqu’il est l’essence de celui actuellement qui me tient à cœur en lien avec mon blog.
    .
    Oui mais voilà, ce vieux projet restant d’actualité est ancré sur des blessures que j’avais enfouies bien profond et je viens de comprendre POURQUOI je n’avance pas.

    1 – Prise de conscience
    2 – Au boulot
    3 – Je vais décollée

    ÇÀ décoiffe messieurs-dames…

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    • 30 septembre 2013 à 12 h 01 min
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      C’est énorme (comme dit Fabrice Luchini) Hélène.
      Si mon article et ceux de Sylviane ont pu y contribuer, c’est super.
      Bon, je vais aller me redonner un coup de peigne.

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  • 6 octobre 2013 à 14 h 12 min
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    Bonjour jean
    En sophrologie on travaille aussi les ancrages mais de façon un peu différente L’essentiel étant le résultat, c’est passionnant de connaître différentes
    techniques.
    Utiliser toutes les ressources sensitives pour un ancrage plus profond me paraît très pertinent alors que la sophro est moins exhaustive par exemple pour le geste signe-signal.
    https://www.forme-sante-ideale.com/laissez-pas-maladie-vous-faire-la-peau/

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    • 7 octobre 2013 à 19 h 59 min
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      Bonjour Hannah,
      Je ne connais pas la sophrologie, C’est sûr que c’est le résultat qui compte. De même qu’on peut utiliser plusieurs ressources sensitives en même temps, on peut aussi inventer une double ancre par exemple kinesthésique et auditive (un geste et un mot particuliers)

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  • 19 octobre 2013 à 3 h 31 min
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    Bonjour Jean,

    Dans un atelier que j’ai suivi, il y a déjà un bon moment, j’avais appris à faire un ancrage que je devais pratiquer au moins un certain nombre de fois durant la semaine pour l’ancrer.

    Et ça m’apportait un certain bien-être, mais ça fait déjà trop longtemps et je l’ai oublié. Dommage.

    Je fais trop de trucs en même temps. Je commence plein de choses et ne vais pas au fond de chacune d’elles.

    J’ai besoin d’un ancrage pour rester ancrée, contrairement à la jeune femme qui traverse l’Atlantique seule dans un canot à rames…! Elle est tout sauf ancrée!

    Amicalement,

    Sco! 😀

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    • 19 octobre 2013 à 14 h 00 min
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      Bonjour Sco!,
      Quand l’ancre y est, c’est indélébile. 😉
      Amicalement.

      Répondre

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