« Leurs Secrets du Bonheur » 2.

Suite de l’émission du mardi 20 décembre 2011 du magazine « leurs secrets du bonheur ».

Résilience

A l’appui du témoignage émouvant de Véronique, Ilios Kotsou montre que cette capacité de rebondir après un traumatisme – ce qu’on appelle la résilience – et d’en faire quelque chose de positif est plus fréquente chez les humains qu’on pourrait le croire a priori. Un traumatisme, ça peut être le 11 septembre, la perte d’un proche, un accident, une maladie grave, etc.

Selon Georges Bonanno, chercheur et professeur de psychologie clinique  à l’université de Colombia aux Etats-unis, qui a croisé beaucoup de cas extraordinaires tels que celui de Véronique, il existe 4 grands profils de réactions, analysés pendant une durée de 2 ans après un traumatisme (voir schéma) :

  1. Profil chronique, où les personnes sont fortement traumatisées, ont une vie très difficile immédiatement après le traumatisme et garde ce même profil stable pendant les 2 ans.
  2. Profil différé, qui monte lentement, c’est-à-dire que les personnes ont moins de réactions immédiatement après le traumatisme, et atteignent le même type de réactions traumatiques que celles du profil chronique au bout d’un an à 2 ans.
  3. Profil avec récupération, où les personnes ont quasiment récupéré leur qualité de vie au bout des 2 ans.
  4. Profil résiliant, où il faut aux personnes entre 3 et 6 mois pour récupérer quasiment une qualité de vie qu’elles avaient auparavant.

 Source : George Bonanno, Colombia, 2004
(cliquez sur l’image pour l’agrandir)

60% capables de résilience.

La bonne nouvelle, c’est qu’au moins 60% des personnes ont une capacité de résilience, 6 mois ou un an après le traumatisme. Bien sûr, elles ne vivent pas comme avant, mais elles ont changé leur manière de voir le monde, et ont retrouvé une qualité de vie comparable voire meilleure.

A contrario, au maximum 40% d’entre nous, resteront très affectés durablement par le traumatisme subi.

Pourquoi 60% ? parce que nous avons des ressources naturelles extrêmement puissantes que nous ignorons la plupart du temps et qui vont se mobiliser dans ces moments-là pour nous aider à récupérer.

Sommes-nous égaux devant le bonheur ?

  • 50% de notre capacité à être heureux dépend de la génétique.
  • 10% vient des circonstances de vie.
  • 40% vient de nos comportements.

La science nous dit que, quel  que soit notre passé, quel  que soit notre héritage génétique, quels que soient les évènements traumatisants vécus dans l’enfance, il est toujours possible à n’importe quel âge de se transformer et d’améliorer sa qualité de vie. Nous pouvons donc améliorer notre capacité au bonheur, et augmenter notre niveau de bonheur.

Augmenter son niveau de bonheur.

Forts de cette vérité réconfortante, Ilios Kotsou et ses collègues chercheurs ont développé et mis en place en laboratoire un entraînement au bonheur sur 8 semaines. Le niveau de bonheur des sujets a été évalué avant l’entraînement par un questionnaire, et noté sur 10. Le questionnaire sur ce que les gens disent d’eux-mêmes est, selon les scientifiques, un outil fiable pour mesurer leur niveau de bonheur. L’objectif de l’expérience étant d’augmenter la note finale, les résultats ont été positifs et ont fait l’objet de 2 publications internationales.

Le magazine « leurs secrets du bonheur » a demandé à 6 volontaires de suivre l’entraînement d’Ilios Kotsou, et montrera les évolutions dans les futures émissions.

Sylvie Berthoz, chercheur en neurosciences à l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale), et auteur du livre la face cachée des émotions, explique que le siège des émotions, c’est le cerveau, et non pas le cœur comme on le pensait jadis. Et plus particulièrement l’amygdale, une zone du cerveau s’activant comme une alarme donnant l’alerte. L’hippocampe entre simultanément en action pour fouiller dans la mémoire une situation équivalente de danger déjà vécue, et transmet l’information au cortex frontal qui donne une signification à l’alerte et conçoit la réaction appropriée.

 

Coupe transversale des noyaux amygdaliens, par rapport à l’hippocampe

(source :  Wikipedia)

Gérer ses émotions.

Il est prouvé qu’on peut apprendre à gérer ses émotions, grâce à la plasticité du cerveau et en augmentant la taille de l’hippocampe. L’hippocampe des chauffeurs de taxi, par exemple, est surdimensionné par l’entraînement à la mémorisation de la navigation spatiale et des lieux.

On peut donc ainsi augmenter son niveau de bonheur.

Freins au bonheur.

Les 6 participants à l’entraînement au bonheur disent leurs blocages, leurs freins les empêchant d’être vraiment heureux :

  • Une maman s’occupe à longueur de journées des autres sans prendre de temps pour elle,
  • Un jeune actif regarde sa situation, son travail, son environnement, ses activités de tous les jours, et s’interroge sur le sens de sa vie,
  • Une jeune femme a des complexes sur son métier, sur son physique, elle craint le regard des autres, ça lui gâche la vie,
  • Une autre aimerait contrôler son avenir, s’inquiète du futur, et voudrait bien arrêter de « se prendre la tête avec ça »,
  • Un quadragénaire aurait tout pour être heureux, mais n’arrive pas à s’endormir sereinement le soir, à cause de pensées négatives qui l’obsèdent,
  • Une femme se plaint de râler tout le temps pour tout, et qui du coup, passe à côté de tous les petits moments de bonheur dont elle pourrait avantageusement profiter.

Leur niveau de bonheur est évalué entre 4 et 5/10 au début de l’entraînement. Tous ont la volonté de changer quelque chose dans leur vie. Comment vont-ils y parvenir ?

Entraînement au bonheur.

Deux exercices de cet entraînement certes long et difficile, mais participant au terme de l’expérience à l’augmentation de ce niveau de bonheur, par une véritable transformation, sont présentés aux téléspectateurs. Les sujets vont être confrontés à leur plus grande peur, vont se retrouver face à leurs émotions, mais on leur annonce l’exercice au dernier moment :

1er exercice :

Les Champs Elysées, un samedi à 15H,  le sujet porte un tee-shirt avec l’inscription « câlins gratuits » et a pour consigne d’aborder les passants pour leur proposer un câlin.

2ème exercice :

La gare Montparnasse, noire de monde, le sujet doit chanter devant le public.

Résultat : les personnes tétanisées à l’énoncé de l’exercice, hésitent au début, ont très peur du regard des autres, puis s’en sortent finalement plutôt bien. Les autres participants qui sont restés spectateurs sont apparemment épatés de constater la relative facilité d’exécution de l’exercice et complimentent le sujet.

Pourquoi est-ce efficace ?

Pourquoi la confrontation à sa propre peur est-elle nécessaire ?

Le schéma appris tout au long de la vie est d’éviter la confrontation à ses peurs, c’est la fuite. La plupart du temps, c’est la peur d’être jugé, du regard des autres.  Le manque de confiance en soi s’est instauré et reste bien ancré. Si l’on ne fait rien, ce schéma continuera à se reproduire. En revanche, si on casse cette habitude, la personne va relativiser, petit à petit changer ses réactions face aux situations similaires et en fin de compte éliminer la peur.

Si l’on reprend les deux exemples, surmonter sa peur « d’y aller » sera un avantage énorme dans des situations semblables : n’est-ce pas un vrai bonheur de s’épargner le temps de la rumination, pour s’ouvrir aux autres, faciliter le lien social, ou chanter à pleine voix et en partager le plaisir avec ses congénères ?

Et vous, avez-vous ces émotions négatives qui vous bloquent et qui vous minent la vie ? Vous sentez-vous capable de vous y confronter et de vous lancer ?

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