Dans la vie, il ne faut pas toujours être sérieux. Sortir de ses habitudes. Créer quelque chose d’inattendu. Rire un bon coup, c’est bon pour la santé.

L’article d’aujourd’hui entre dans le cadre de l’évènement inter-blogging « Agir ? Réagir ? Mais qui ou qu’est-ce qui agit ou réagit ? ».

Cet évènement est organisé par Didier du blog le voyage du lâcher prise avec l’appui de nombreux autres blogueurs et blogueuses.

Il va s’étaler sur plusieurs mois, plusieurs blogueurs vont y participer, il y aura des articles très sérieux ou très amusants, des jeux, des surprises et …

Non, non, je ne vous en dis pas plus pour l’instant, parce que, sinon, ce n’est plus une surprise.

Parmi les amusements et autres délires autorisés, chaque participant a la possibilité d’écrire un article sur un « t’aime sourire ».

Le « t’aime sourire » que j’ai choisi pour mon article du jour est :

« Un torchon et une serviette se sont inopinément
rencontrés au détour du chemin. Le coup de foudre
les a frappés. Qu’est-ce qui s’est passé ? »

Voici ma production.

Brice au pays des serviettes

Brice au pays des serviettes

Brice au pays des serviettes

Brice Bouchon était le fruit d’amours illégitimes et contre-nature de Brigitte et Ulysse Torchon.

Brigitte Torchon, une rédaction d’élève de 5ème, bâclée, mal écrite, pleine de tâches d’encre et de fautes d’orthographe, s’était retrouvée sur une table de cuisine entre un verre de piquette et des restes de repas.

Et Ulysse, à peine essangé avant d’aller à la lessive, avait été jeté un peu au hasard au même endroit. La peau si lisse de la feuille de Brigitte l’avait émoustillé, lui qui devenait blasé du contact répété des tissus râpeux et peu avantageux.

Brice, (contraction de Brigitte et d’Ulysse) n’avait jamais connu sa maman. Son papa avait vite rejoint les membres de sa famille Torchon, qui, ne craignant pas les effets de la consanguinité, ne se reproduisent habituellement qu’entre eux.

Sa maman avait séjourné un bon moment sur cette table et avait été finalement balancée sans cérémonie, à la poubelle, réduite au statut dégradant de papier gras.

Brice avait tout l’avenir devant lui. Plus papier que torchon, extra blanc, 275 g/m², 100% α-cellulose, grain torchon, Brice était appelé à terminer en œuvre d’art sous la main d’un peintre célèbre.

Hélas, Brice était aussi sot que grenu. A ce handicap, s’ajoutait le fait qu’un employé de l’administration des rangements et étagères faisait ses T comme des B et ses R comme des U. De Torchon, il se retrouvait Bouchon.

Cette simple erreur devait changer radicalement son destin. Plutôt que d’aller rejoindre les prestigieuses fournitures des créateurs et designers, encre de chine, peinture acrylique, pastels et autres objets inspirants, il avait atterri au beau milieu des accessoires de cuisine d’un restaurant lyonnais. Son nom de bouchon ne devait pas y être étranger.

Second virage de sa destinée, sa blancheur éclatante l’avait fait confondre avec les serviettes empesées qu’on ne sortait que pour les grandes occasions.

Il s’y était frotté bien malgré lui, dans les armoires, dans la machine à laver, contredisant l’adage qu’on ne peut mélanger torchons et serviettes. Il fréquentait du beau linge, il faisait partie maintenant de la noblesse de table, avait un certain statut, mais on sentait bien qu’il lui manquait quelque chose.

Toutes les serviettes et draps de vaisselle étaient attirés par son grain de peau si particulier. Mais lui, complexé par ses origines de souillon qu’il faisait tout pour cacher, restait raide et distant comme un passe-lacet.

Comme il se faisait un devoir de conserver une allure impeccable, il y mettait tout son temps et son énergie. Si bien qu’en dehors de ça, la vie lui semblait terne et morose.

Jusqu’au jour où Brice rencontra Sylvette.

Alors qu’il était, en serviteur zélé, impassiblement roulé dans un rond dont le contact métallique et froid le laissait de marbre, il se vit soudain projeté dans les airs, puis retombant alangui telle une feuille morte. Cette chute fut la plus belle de sa vie. Déjà ce lent mouvement virevoltant lui procura une sensation extatique jamais connue auparavant. Mais l’apogée de la chute, si j’ose dire, fut l’atterrissage sur Sylvette la serviette.

Une merveille de serviette, à cent lieux des chiffons et essuie-mains, même en lin amidonné. En cuir pleine fleur dont les effluves savoureux ont fait croire l’espace d’un instant à Brice qu’il avait un odorat, la fonction créant en quelque sorte l’organe. Le toucher à la fois souple, élastique et chaleureux le séduisit par-dessus tout, et Brice, à la fin de cette chute mémorable tomba à nouveau, mais cette fois, fou amoureux.

Coup de torchon ? Non. Coup de foudre !

Le rabat du cartable était entrouvert. Répondant à la muette invitation, Brice s’introduisit en glissant délicieusement à l’intérieur déjà chéri.

Elle l’appela tout de suite mon Bouchon, mon BB. Et Brice se fit la réflexion :

« Je brule d’amour pour Sylvette. Quelle chance que je ne m’appelle plus Torchon ! Le torchon brule aurait été un mauvais présage pour notre avenir commun. »

Il avait bien raison car, comme bon nombre de héros avant eux dans les contes et légendes ancestrales, Brice et Sylvette se marièrent, vécurent heureux, et eurent beaucoup de portefeuilles.

Voila. J’espère que mon histoire vous a plu. J’en inventerai probablement une autre sur un autre « t’aime sourire » qui sera publiée, peut-être sur un autre blog que le mien.

L’évènement « Agir ? Réagir ? Mais qui ou qu’est-ce qui agit ou réagit ? » va se poursuivre. Il a été initié lors de l’édition de septembre du festival A la croisée des blogs, dont le thème était « Penser et Agir, à quel moment vous devez passer à l’action ? », et auquel j’avais contribué par cet article.

Didier du blog le voyage du lâcher prise, Patrice du blog Succès-marketing, organisateurs de l’événement, et votre serviteur, vous invitent à jouer au jeu “les mots vous sourient”, dont voici les règles en un clic.

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