« Leurs Secrets du Bonheur » 1.

Avez-vous vu « Leurs Secrets du Bonheur », le magazine télé de Frédéric Lopez sur France 2, consacré à l’étude du bonheur ?

Enfin du positif à la télé.  On en avait bien besoin et de plus, un sujet passionnant, agrémenté de témoignages émouvants, d’expériences scientifiques et de résultats de recherches notamment sur le cerveau.

Ce magazine télé a démarré en novembre avec une première émission très prometteuse, et la seconde, mardi 20 décembre 2011 était consacrée plus particulièrement à tout ce qui nous empêche, au quotidien, d’accéder au bonheur.

Frédéric Lopez, à chaque émission, a un invité vedette qui donne son point de vue et participe au débat, en novembre Florence Foresti, et mardi dernier, Franck Dubosc. Frédéric Lopez révèle ainsi la belle humanité de ses invités.

Ilios Kotsou, un chercheur en psychologie des émotions de l’université de Louvain éclaire le public sur les dernières découvertes en matière de bonheur.

Comme le thème du bonheur correspond exactement à celui de La Vie Positive, j’avais très envie de partager avec vous le contenu très riche de la deuxième émission dans une série de 3 articles.

Qu’est-ce qui nous empêche d’être heureux ?

Eh bien, ce sont les émotions négatives.

Ces émotions sont universelles chez l’homme.

Il y a 6 émotions universelles primaires :

  • la peur,
  • la colère,
  • la tristesse,
  • la surprise,
  • le dégoût,
  • la joie (là c’est bien sûr une émotion positive)

et il y a 3 émotions universelles sociales :

  • la honte,
  • la culpabilité,
  • le mépris.

La peur, par exemple, est universelle car ancestrale. Elle est inscrite depuis la nuit des temps dans notre système nerveux, elle fonctionnait à nos origines comme le déclencheur de comportements spécifiques de survie quand l’homme devait se protéger contre des dangers, des animaux sauvages. Aujourd’hui, dans nos sociétés civilisées, la peur est la conséquence de nos « loups intérieurs ».

Ces émotions négatives apparaissent dans notre cerveau d’une manière automatique et incontrôlable. Et dans ce cas précis, nous « luttons » intérieurement et nous ne pouvons rien faire d’autre. Tout notre corps, tout notre esprit est entièrement consacré à l’émotion négative.

Et ces émotions négatives, ces pensées négatives nous gâchent la vie au quotidien. Le stress au boulot, les angoisses de manquer d’argent, de voir ses enfants tomber malades, l’inquiétude pour ses proches, la peur de l’échec avant un examen, les ruminations le soir avant de s’endormir, etc.

Le problème c’est que le fait de répéter intérieurement vos émotions et vos pensées inefficaces, ne résout rien et même amplifie le phénomène négatif. Ce système automatique a pu être efficace à la préhistoire, mais ne fonctionne plus de nos jours.

Ignorer ses émotions ?

Mais faut-il, pour autant, tenter d’éviter, d’ignorer ou de contenir ses émotions ?

Véronique est venue sur le plateau de l’émission pour témoigner de sa propre expérience.

Sa vie avant, et sa vie après.

Sa vie avant, elle ignorait ses émotions, elle « avait enfoui toute sa sensibilité » en elle, s’était fabriqué une carapace qui montrait d’elle une « jeune femme forte, dure, agressive, qui ne pleure pas, qui assume ». Elle s’était « forgée une vie de rêve, mais avait étouffé la petite fille qui était en son sein ». Il y a 8 ans, quelque chose « a bouleversé » sa vie, et elle a retrouvé l’enfant hypersensible qui était en elle, « incapable de contenir ses émotions », et qui « lui a sauvé la vie ».

Le cancer comme cadeau.

Ce « quelque chose » c’est un cancer du sein. Et ce cancer « l’a fait renaître, c’était comme un cadeau ».

D’abord « la peur, la rage, la culpabilité » d’abandonner ses proches, « le sentiment d’être affreusement seule, très remontée contre le corps médical ». Puis « un ami qui est le seul à la comprendre, qui l’écoute ». Elle qui « pensait que personne ne pouvait comprendre ce qu’elle ressentait ». Et là, « ça a été le déclic, cette petite voix intérieure lui disait : cette vie que tu t’es construite, ce n’est pas ta vie, il faut tout quitter ».

Il faut tout quitter.

« Alors, elle a tout quitté, la trouille au ventre, elle a tout laissé derrière elle, et n’a pris que l’essentiel, ses deux filles. Et elle a tout fait pour ne pas écouter cette petite voix que nous avons tous dans la tête et qui est là pour nous saper le moral. Et puis la petite fille qui était en elle a refait surface, il fallait qu’on la prenne dans les bras, qu’on la rassure, qu’on la touche en permanence, en un an, elle a pleuré toutes les larmes de son corps contenues pendant 40 ans, et elle a rempli des baignoires et plus elle remplissait des baignoires, plus elle s’allégeait d’un poids qu’elle portait, une carapace de principes, de tabous, de préjugés, et elle a repris contact avec ses sensations, elle a appris à repérer les petits bonheurs que nous offre la vie, un frisson, les larmes qui vous montent aux yeux, la chaleur qui envahit tout votre corps, ça y est, l’émotion est là. »

Véronique conclut :

« Alors, si vous aussi, il vous arrive quelque chose de grave, quelque chose que vous redoutez, ou quelque chose qui vous semble insurmontable, dites-vous que, peut-être, c’est la vie qui vous fait un cadeau. »

Véronique ne parle plus maintenant de « tumeur », elle parle de « tu-vis ».

Belle leçon de vie.

Belle leçon de vie, Véronique nous montre qu’on peut être heureux après un traumatisme, et premier indice, c’est que si on enfouit trop ses émotions, et qu’on les ignore complètement, même les négatives qui nous gâchent la vie, ce n’est pas non plus la solution.

Qu’en pensez-vous ?

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