Le Pardon est-il un bienfait ?

Le pardon est-il un bienfait
Le pardon est-il un bienfait ?

Victimes de Violences

Pour la plupart des êtres humains, la vie n’est pas un long fleuve tranquille, loin de là. Particulièrement, celles et ceux qui subissent une agression, ou qui perdent un proche parce qu’il a été assassiné, les familles dont un des leurs a été victime d’un attentat, les épouses de militaires morts en opérations, les parents d’un policier tué par des malfrats, toutes ces personnes connaissent un terrible traumatisme.

Elles se retrouvent dans un épouvantable état de souffrance. Elles éprouvent un sentiment d’injustice, de la colère, du ressentiment, de la rancœur, voire de la haine à l’égard de l’agresseur ou de celui qu’elles considèrent comme responsable. Elles peuvent même être amenées à échafauder des idées de vengeance.

Comment peut-on continuer à vivre après un tel évènement ?

Toutes ces émotions et pensées négatives ont une influence sur le cerveau. Des études montrent que la colère détruit des cellules du cerveau. Il se produit ce qu’on appelle une somatisation : le mal être psychique entraîne des malaises physiques. Le phénomène est accentué par la répétition en boucle des pensées négatives dans le cerveau. Ce dernier est saturé d’informations négatives, et ne sachant plus quoi en faire, va les stocker de plus en plus dans le corps, sans pouvoir les gérer, ce qui cause des altérations des cellules et provoque des maladies.

Enfin, selon la loi d’attraction, les pensées et les émotions négatives qui se perpétuent dans le temps, vont attirer les mêmes situations et reproduire le même type d’événements négatifs, dans une spirale descendante infernale.

Comment arriver à se sortir d’une telle situation ?

Evidemment, on peut avoir envie d’appliquer la loi du Talion. Œil pour œil, dent pour dent. On m’a fait du mal, je vais rendre ce mal à l’agresseur. Mais est-ce la solution ? La littérature est remplie d’histoires de vengeance, et je ne crois pas qu’on puisse y trouver un personnage, qui, une fois vengé, soit devenu heureux et épanoui. Car, comme le dit la psychanalyste Laura Gélin, « la vengeance soulage rarement. »

L’Islam « permet » la vengeance : celui qui reçoit un mal a le droit de délivrer un mal équivalent. Mais de nombreux versets et hadiths appellent au pardon, à la réconciliation. Le fidèle qui pardonne obtient un statut d’excellence qui le rapproche de Dieu.

Les juifs aussi accordent une place très importante au pardon. Une des grandes fêtes juives est le Yom Kippour, la fête du grand pardon. En l’occurrence, il s’agit de demander pardon à Dieu pour ses propres fautes. Mais, pour que ce soit valable, il faut d’abord avoir pardonné à l’autre.

De même, le pardon est une notion essentielle dans le christianisme. La phrase de la prière « Notre Père », « pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés », montre que le chrétien obtient le pardon de Dieu que s’il a lui-même pardonné aux autres.

Mais peut-on vraiment pardonner ?

L’homme, même le croyant qui demande l’aide de Dieu, est-il capable de pardonner à autrui, à celui qui lui a fait du mal et qu’il considère comme responsable de son immense souffrance ?

A priori, plus la souffrance est grande, moins il semble humainement envisageable de pardonner.

Comment y parvenir malgré tout ?

La première étape, selon moi, est d’avoir la volonté de sortir du ressassement infernal, de l’état de colère qui rend malade. En étant conscient que sortir de cet état permet de se libérer pour accéder à un chemin de paix. Sur le plan scientifique, il a été démontré que le pardon soulage l’hypertension et améliore les fonctions cardiovasculaires.

Ensuite, cette volonté liée à cette prise de conscience autorise à dire stop aux pensées négatives, pour éviter les émotions négatives et toutes les réactions biochimiques négatives qui s’ensuivent dans son corps.

Autres bienfaits du pardon

On sait que l’événement traumatique s’inscrit dans l’inconscient, et que, même si vous l’oubliez, il peut resurgir des années plus tard et redéclencher les mêmes émotions et les mêmes processus biochimiques négatifs de somatisation.

Le pardon a le pouvoir de briser dans l’œuf ces schémas négatifs afin qu’ils ne se reproduisent pas ultérieurement.

Vous pardonnez donc d’une manière consciente, sincère et volontaire, et changez votre point de vue sur l’événement, sur l’agresseur. Vous pardonnez à ce dernier et ne le condamnez plus ad vitam aeternam. Et ainsi vous brisez le continuum négatif dans votre inconscient.

Pour ce faire, vous comprenez que pardonner, c’est, avant tout, pour votre bien.

Vous remplacez les pensées négatives par des pensées positives qui sont bénéfiques pour vous.

Vous souhaitez trouver une interprétation positive de ce qui vous est arrivé. Vous voulez comprendre pourquoi et pour quoi ça vous est arrivé à ce moment-là. Même, si ça a été très difficile, vous voulez trouver les éléments positifs, en termes de compréhensions, d’apprentissages, de sens, d’évolution.

Toute expérience même très négative, constitue un apprentissage sur votre chemin de vie.

Le pardon libère

Enfin, le pardon libère. Comme le dit Jan-Philipp Sendker, « pour pardonner, il faut aimer et être aimé. Seuls ceux qui pardonnent peuvent être libres. » Car le pardon, c’est de l’amour. Vous vous libérez de la colère et de la haine que vous remplacez par l’amour. Et l’amour est plus fort que tout.

Le Pardon libère l'âme.
Pardonner

Et vous, qu’en pensez-vous ?
Vous sentez-vous capable de pardonner ?
Vous est-il arrivé de pardonner ?
Si oui, comment l’avez-vous vécu ?
Merci de laisser votre commentaire.

6 pensées sur “Le Pardon est-il un bienfait ?

  • 3 juin 2021 à 19 h 56 min
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    Bonjour, de mon expérience de vie, je trouve que le pardon libère l’esprit. Pour y arriver à pardonner quelqu’un, il faut qu’on se pose la question » pourquoi cela m’est arrivé ?? Toutefois on peut ignorer la raison du coup il faut savoir que ce mal à nécessairement quelques choses à nous apporter . Dans ma vie par exemple quelqu’un m’a escroqué une somme 25000$, le mal était que cette ne m’appartient pas seul. Je voyais la prison en face. Je me suis posé tant de questions au finish j’ai jeté le tor à mon créateur qu’il est responsable. Donc il doit gérer la situation. Après 4 ans une situation est apparu ou si je ne trouve pas l’argent pour régler ça j’irai en prison. Quelque m’a dit appel l’autre monsieur que tu a bloqué. Je l’ai fait il a commencé par me demander pardon. Et moins de 30 minutes il m’a envoyé l’argent. Et m’a aussi initié dans un business qui me nourrir aujourd’hui. Or j’avais demandé à Dieu de le détruire. Si dieu l’avais fait alors je m’en’sortirai comment ? C’est pourquoi le pardon pour moi est une obligation car rien ne nous arrive sans rien . La personne qui nous a fait du mal peut encore être notre sauveur.

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    • 4 juin 2021 à 12 h 05 min
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      Bonjour Djamal et merci de ce commentaire. J’aime bien l’idée que tout ce qui nous arrive, n’arrive pas pour rien, qu’il y a un message et que ça signifie quelque chose pour nous. Du coup, cette idée va tout-à-fait dans le sens que le pardon, in fine, valide en quelque sorte un événement, même si ça fait du mal, et le transforme en quelque chose de positif.

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  • 3 juin 2021 à 22 h 40 min
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    Bonsoir Jean,
    J’ai passé quelques décennies à en vouloir à ma mère pour ses maltraitances envers ses enfants dont ma personne. A soir de mon existence, ou plutôt à l’automne de ma vie où j’ai acquis de la connaissance, je penche sérieusement vers le pardon. Une vie pour comprendre, une vie pour assimiler tout un processus… La résilience fait son œuvre… Ce n’est pas un secret, ni pour toi, ni pour moi…

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    • 4 juin 2021 à 12 h 20 min
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      Bonjour Hélène et très heureux de te lire.
      La résilience est un long processus, qui, je pense, se substitue au pardon quand on ne veut pas pardonner. Il semble qu’il soit impossible de pardonner certaines choses. Dans la pièce de théâtre « fleur de soleil », Thierry Lhermitte interprète Simon Wiesenthal, « chasseur de nazis » qui n’a pas voulu pardonner à un jeune soldat SS qui s’était repenti. Simon Wiesenthal restera dans l’obsession de ne pas lui avoir pardonné.

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  • 4 juin 2021 à 13 h 31 min
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    Bonjour Jean
    Le pardon se fait malgré tout plus facilement pour certaines choses que d’autres. Il y a aussi des situations impardonnables, notamment celle dont tu fais allusion en racontant l’épisode de Simon Wiesenthal. Je ne sais pas si c’est une question de volonté, je dirai que l’abandon génère le pardon parce que tu ne t’accroches plus à tes souffrances personnelles. Cela les nie pas, seulement on ne s’y accroche plus, on abandonne une lutte souvent stressante et dans ce moment-là, le pardon vient plus facilement, c’est ce que j’ai vécu à travers ma vie parfois.

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    • 4 juin 2021 à 17 h 13 min
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      Bonjour Dominique.
      Oui, tu as raison. Il y a des situations impardonnables et seule la résilience dans ce cas peut les « dépasser ». Quand je parle de volonté, je veux dire qu’il y a une décision préalable au vrai pardon. Peut-être, cette décision vient-elle en effet après un abandon, un lâcher-prise ou un oubli.

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